En 2025, le marché de la transaction officinale continue de ralentir
Actualités Pharmathèque
L’étude Interfimo 2026 confirme une mutation du marché officinal que Pharmathèque défend depuis des années : la valeur d’une pharmacie ne réside pas dans son volume d’activité, mais dans sa capacité à générer de la richesse réelle. Si le nombre de transactions ralentit globalement, ce chiffre masque une réalité bien plus positive : l’émergence d’un marché plus sain, où la rigueur de l’audit de rentabilité prend le pas sur les ratios de chiffre d’affaires désormais obsolètes. Plus que jamais, notre expertise de transactionnaire sécurise cette transition en transformant des données comptables complexes en véritables projets de vie pérennes. »
1. L’opportunité du « Prix Juste »
La baisse des multiples sur les petites structures (1,88 fois la marge) crée une fenêtre de tir historique pour les primo-accédants, là où la rentabilité est souvent la plus agile.
2. La prime à la Marge plutôt qu’au Volume
Avec une marge brute en hausse de 2,9 %, le secteur prouve sa résilience : nous ne vendons plus des « distributeurs de boîtes », mais des centres de santé aux revenus de plus en plus diversifiés et sécurisés.
3. Le boom du Fonds de Commerce (+9,5 %)
Le marché privilégie désormais la sécurité juridique et fiscale du rachat de fonds ; une technicité qui impose un accompagnement expert pour optimiser l’amortissement et la transmission.
4. La force du maillage territorial
Les pharmacies rurales et de proximité affichent une solidité de valorisation supérieure aux centres-villes : la pharmacie de conseil redevient la valeur refuge numéro 1 des investisseurs.
Étude Interfimo par Pascal MARIE -Publié le 23/04/2026
Quelques semaines après la publication des statistiques de CGP, le cabinet Interfimo publie son étude annuelle sur le prix des cessions de pharmacies. En 2025, le marché de la transaction officinale poursuit son ralentissement, avec une baisse de 2,5 % par rapport à 2024. Une tendance nouvelle se dégage néanmoins par rapport aux années précédentes : cette baisse des transactions officinales a été plus particulièrement marquée sur les cessions de titres.
Basée sur l’analyse de 888 transactions de fonds d’officine et de titres de sociétés exploitant une officine, l’étude révélée le 3 avril par le cabinet Interfimo traduit la situation économique dans laquelle se trouve le réseau aujourd’hui. « Le secteur officinal doit s’adapter dans un environnement économique toujours plus contraint. Le modèle économique traditionnel est fragilisé, la décorrélation entre le chiffre d’affaires lié à la vente de médicaments et les marges oblige le pharmacien à piloter différemment sa création de valeur », résume Jérôme Capon, directeur du développement d’Interfimo.
Premier enseignement de l’étude Interfimo : le chiffre d’affaires a continué de croître significativement en 2025, mais essentiellement sous l’impulsion des produits chers. Comme le souligne Jérôme Capon, « l’analyse de l’évolution des prix via le coefficient de chiffre d’affaires n’a plus aucun intérêt, la croissance des médicaments chers et onéreux dans la composition du chiffre d’affaires (ayant) enlevé toute pertinence à ce ratio ». On peut également relever que « le fossé se creuse entre grandes et petites pharmacies, ces dernières voyant très souvent leur chiffre d’affaires baisser ». En conséquence, « le marché s’oriente de plus en plus vers les pharmacies de taille importante au détriment des plus petites », résume l’étude.
Les cessions de titre baissent, les cessions de fonds de commerce augmentent
Concernant les cessions justement, on observe que « le marché de la transaction officinale a légèrement ralenti en 2025, avec une baisse de 2,5 % par rapport à 2024, année qui avait enregistré une chute de 10 % », synthétise l’étude du cabinet. En 2025, ce sont précisément 1 407 opérations qui ont été recensées par Interfimo, contre 1 442 en 2024. « La réduction du nombre de transactions se poursuit sur 2025, portée par une baisse importante des cessions de titres, de 16 % », note le cabinet. En revanche, dans le même temps, « les cessions de fonds de commerce affichent une progression de 9,5 % et retrouvent une position dominante sur le marché transactionnel en représentant 57 % des opérations ». Comme l’analyse le cabinet, « les repreneurs manifestent davantage de réticences à intégrer un groupe, probablement dissuadés par les valorisations élevées des officines de grande taille ».
Des disparités régionales sont également constatées. Normandie, Corse et Occitanie sont les régions les plus dynamiques (avec un taux de rotation de plus de 83 mutations pour 1 000 officines). À l’inverse, les régions Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté affichent un taux de rotation inférieur à 60 mutations pour 1 000 officines.
Les officines de quartier à la peine
Comme le relèvent les travaux d’Interfimo, « la baisse du prix de cession moyen en pourcentage de chiffre d’affaires se poursuit », même si elle ralentit. Ainsi, « pour les officines de plus de 400 000 euros de marge, ce ratio s’établit à 76 %, en recul par rapport aux 78 % constatés en 2024. La dispersion s’accentue considérablement avec 60 % des transactions qui s’effectuent désormais dans une fourchette de 56 % à 89 % du chiffre d’affaires, contre 65 % à 92 % l’année précédente ». De plus, « les officines réalisant moins de 400 000 euros de marge brute affichent également un prix de cession moyen en diminution, à 51 % du chiffre d’affaires ». Des données basées sur le chiffre d’affaires qu’il convient néanmoins d’analyser avec précaution, cet indicateur n’étant plus aussi pertinent aujourd’hui en raison des disparités importantes dans la part des médicaments chers selon les pharmacies, comme expliqué précédemment.
À retenir : la baisse des prix moyens est généralisée sur tous les types d’officine. On constate néanmoins que « les officines de quartier (qui ont le taux de marge moyen le plus faible) subissent une plus forte baisse et présentent un prix de cession moyen de 72 % du chiffre d’affaires ». En parallèle, « les pharmacies de centres commerciaux, notamment celles réalisant plus d’un million d’euros de marge, sont toujours très convoitées et restent les mieux valorisées », précise l’étude. Concernant les officines générant moins de 400 000 euros de marge, leur prix de vente moyen atteint 51 % du chiffre d’affaires, contre 55 % en 2024. Une tendance à la baisse qui est stoppée pour les petites officines rurales qui, elles, se valorisent en moyenne à 56 % du chiffre d’affaires, soit un point de plus qu’en 2024. « C’est le seul segment qui connaît une hausse sur ce critère de valorisation », fait remarquer Interfimo.
Une baisse du prix de cession plus marquée pour les officines avec une marge comprise entre 550 000 euros et 700 000 euros
Si l’on tient compte d’un autre critère, la valorisation exprimée en multiple de la marge brute, on constate que les prix de cession moyens sont là aussi en très légère baisse. « Pour les officines de plus de 400 000 euros de marge, la moyenne des prix de cession est de 2,68 fois la marge contre 2,71 en 2024. Le prix de cession moyen des officines de moins de 400 000 euros de marge passe de 1,90 fois la marge à 1,88 fois la marge », précise l’étude. « Comme pour les prix de vente en pourcentage de chiffre d’affaires, la baisse du prix est plus marquée pour les officines dont la marge est comprise entre 550 000 euros et 700 000 euros. Pour les autres pharmacies, le prix de cession moyen est relativement stable », peut-on lire ensuite. Par typologie, on observe une légère baisse du prix de cession moyen sur les officines rurales et de quartier, quand les officines de centre-ville affichent un prix de cession moyen en multiple de marge pratiquement inchangé. Avec ce critère, les pharmacies installées dans des centres commerciaux restent là encore celles qui sont les mieux valorisées. À noter que « les prix de cession moyens des officines en multiple d’excédent brut d’exploitation (EBE) retraité continuent d’augmenter », contrairement aux indicateurs précédents.