La structure adéquate pour construire une aventure durable
1ère installation
Dans le numéro de février 2026 du magazine Le Moniteur des Pharmacies, un entretien avec Donald Mongay (Pharmathèque) revient sur les choix stratégiques à faire lors d’une première installation en pharmacie. Fiscalité, structure juridique et montage financier : ces décisions initiales peuvent fortement influencer la réussite et la durabilité du projet.
« Devenir titulaire d’une officine est une étape majeure dans la carrière d’un pharmacien. Le succès de cette acquisition dépend largement des choix initiaux en matière de régime fiscal et de forme juridique. »
Par Emmanuelle Serrano
Opter pour des entités soumises à l’impôt sur les sociétés (IS) plutôt qu’à l’impôt sur le revenu (IR), comme c’est le cas de la société en nom collectif ou de l’entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée, est plus avantageux pour les primo-installants.
« D’une part, l’IS est plafonné à 25 % depuis quelques années, alors que l’IR peut atteindre 45 % dans les tranches marginales. D’autre part, la base de calcul des cotisations sociales varie drastiquement. Avec l’IR, le pharmacien paie les cotisations sur la totalité de son bénéfice, y compris la part servant à rembourser le crédit contracté pour acquérir son officine. Dans une structure soumise à l’IS, en revanche, les cotisations sont assises sur le revenu uniquement, et non sur la part qui sert au remboursement du crédit », explique Donald Mongay, associé dirigeant chez Pharmathèque.
Le montage idéal avec une SPF-PL
La forme la plus classique pour l’exploitation de la pharmacie est la société d’exercice libéral à responsabilité limitée (Selarl). L’acquisition d’une officine se fait par l’achat soit d’un fonds de commerce, soit de parts de société.
Dans ce dernier cas, le montage idéal consiste à recourir à une société de participations financières de professions libérales (SPF-PL), qui servira à acheter les parts de la société d’exploitation. Cette étape est stratégique car pensée sur le long terme.
« En constituant une SPF-PL en début de carrière, un primo-installant pourra l’utiliser pour acheter, vendre, puis se réinstaller ensuite en rachetant une autre pharmacie. Une SPF-PL lui permettra de faire d’importantes économies d’impôts sur la plus-value », ajoute Donald Mongay.
De fait, la holding offre un avantage fiscal non négligeable à la sortie, avec seulement une quote-part de 12 % de la plus-value taxable à l’IS dès lors que les titres sont détenus depuis plus de deux ans au moment de la cession.
« Pendant toute la durée de détention, la SPF-PL génère des déficits au niveau fiscal car les dividendes ne sont imposables qu’à hauteur de 5 %, en application du régime mère-fille. Or, les intérêts à régler sur les emprunts contractés pour financer l’achat des parts d’une officine excèdent toujours la part de dividendes imposables. Ces déficits antérieurs viennent ainsi quasi systématiquement gommer le bénéfice fiscal généré par la cession. In fine et en l’absence de fiscalité applicable à la sortie, cela donne au pharmacien une capacité de réinvestissement bien plus conséquente par la suite », souligne Thomas Grosse, expert-comptable associé chez Extencia.
Pour Valentin Roche, âgé de 29 ans, titulaire de la grande pharmacie des Buers à Villeurbanne (Rhône), le choix s’est porté sur une société d’exercice libéral par actions simplifiée (Selas).
D’une Selarl à une Selas
« C’était une Selarl initialement, raconte le pharmacien. Mais mon expert-comptable et mon avocat m’ont conseillé de la transformer en Selas car cela facilitait le montage du projet que nous avions mon associé et moi : un rachat de parts en l’occurrence et non de fonds de commerce. Pour ce faire, ils ont chacun une SPF-PL. Monter une holding permet de gérer les achats et reventes d’officines ou de parts de ces dernières que nous pouvons être amenés à réaliser tout au long de notre carrière. »
L’officine, dont il est propriétaire à parts égales avec son associé, emploie cinq personnes. Le projet s’est monté en sept mois.
Doté d’une forte expertise dans le secteur pharmaceutique, depuis de nombreuses années maintenant, je me tiens à votre disposition pour mettre à profit cette expertise et vous accompagner dans vos projets d’acquisition ou de cession au sein du département des Landes.
