Projet de Loi de Finance (PLF) 2018 : un Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU)
Actualités du monde officinal
Jusqu’ici pour déterminer la fiscalité d’une officine, il convenait de définir ce que l’on vendait exactement (fonds de commerce ou parts sociales), la plus-value réalisée, et déterminer si le contexte de la vente répondait à des critères particuliers (régime d’imposition IR ou IS, départs à la retraite, durée de détention des parts…)
Depuis le 20 octobre, l’Assemblée a homogénéisé les prélèvements sur les plus-values dans le cadre d’une cession. Au 1er janvier 2018 on se dirige donc vers un Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), qui implique que l’ensemble des revenus du capital, y compris les plus-values sur les cessions de valeurs mobilières et de droits sociaux, s’établira à 30% de la plus-value.
Un plancher de 500 000€ serait mis en place, au-dessous duquel, dans le cas d’un départ à la retraite, ce prélèvement forfaitaire unique ne s’appliquerait pas.
Après consultation de Maître Valérie Tazé (Harold Avocats à Nantes), nous avons construit l’exemple qui suit :
Pour un dirigeant partant à la retraite et souhaitant céder ses titres détenus depuis plus de 8 ans pour une plus-value de 1.000.000 euros, soumis par ailleurs à un taux d’imposition à l’IR de 41% :
Régime actuel : abattement de 500.000 euros plus 85% du solde, soit une base imposable de 75.000 euros, plus CSG CRDS sur la plus-value totale (15,5%), soit une imposition globale de 185.750 euros
Régime futur envisagé :
Option 1 : PFU
500.000 euros d’abattement et 30% d’imposition : 150.000 euros d’impôt
Option 2 : conservation du barème et de l’abattement de 500.000 euros
base imposable : 500.000 euros, donc un impôt de 205.000 euros plus CSG CRDS (17,2% sur la totalité de la plus-value ou après abattement, ce n’est pas fixé), soit un total de 377.000 euros
Option 3 (pour des titres acquis avant le 1er janvier 2018) : conservation du barème et de l’abattement de 85%
base imposable : 150.000 donc un impôt de 61.500 euros plus CSG CRDS, soit un total d’impôt de 233.500 euros.
On constate à travers ces trois exemples que le nouveau régime serait favorable au contexte de cession dans le cadre d’un départ à la retraite.
Le gouvernement souhaite ramener progressivement l’Impôt sur les Sociétés à 25% en 2022, contre 33,33% aujourd’hui, taux le plus élevé de l’Union Européenne.
En 2018, l’IS reste à 33,33%, et à 28% pour les premiers 500 000€ de bénéfices (contre 75 000€ en 2017). Pour les PME dont le CA est inférieur à 7,63M€ l’IS sera de 15% pour les premiers 38 120€ de bénéfices. En 2018 donc, 3 taux différents possibles…
En 2019, l’IS passe à 31%, et toujours à 28% pour les premiers 500 000€ de bénéfices.
L’IS passerait à 28% en 2020, 26,5% en 2021, pour arriver à 25% en 2022.
- Projet de Loi de Finance de la Sécurité Sociale (PLFSS) 2018 : deux implications clés pour les pharmaciens
- Alors qu’une économie de 340M€ est envisagée sur le médicament à travers des baisses de prix et un recours aux génériques plus systématique, le PLFSS 2018 envisage une augmentation de 2,4% l’ONDAM de ville (Objectif National d’Assurance Maladie).
Cela signifie que dans le même temps le gouvernement demande aux pharmaciens une économie de 340M€, et accorde aux médecins de ville une augmentation de 2,4% du budget de leur dépense.
Le pharmacien semble continuer d’être celui sur lequel on cherche à faire des économies.
- Par ailleurs, sur la question de l’expérimentation de la vente de médicaments à l’unité, le Ministère de la Santé semble faire machine arrière. Sous motif de perte de traçabilité, c’est un dispositif qui ne serait donc plus envisagé.
Avec plus de 12 ans d’expérience, j’aime travailler sur la faisabilité d’un projet de cession de sa structuration juridique et financière jusqu’à l’installation du pharmacien dans son nouvel outil. Le seul but : la satisfaction client. Je reste à votre disposition pour vous accompagner dès la genèse du projet et vous fournir les outils qui permettront de faire les bons choix.