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Chiffre d’affaires, rémunération moyenne du pharmacien… les 10 chiffres clés de l’officine 2024

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Quel est le chiffre d’affaires moyen d’une pharmacie ? Combien gagne un pharmacien titulaire ? Quel est le nombre moyen de salariés dans une officine et quelle est sa marge ?

L’Observatoire Fiducial des pharmaciens apporte plusieurs éléments de réponse avec ses chiffres clés de l’officine 2024. L’étude met en évidence une situation contrastée : l’activité reste importante, mais les officines doivent composer avec une baisse de la marge brute, une hausse des charges et un recul de l’excédent brut d’exploitation (EBE).

À noter : les données de l’Observatoire Fiducial présentées comme « 2024 » ont été recueillies en 2024 sur la base des résultats arrêtés en 2023.

Les 10 chiffres clés de la pharmacie en 2024

Indicateur Financier & de Gestion Valeur Moyenne Tendance & Évolution
Rémunération du titulaire 66 416 € / an Forte variation selon l’emplacement
Taux de marge brute 29,8 % du CA HT 📉 En baisse (-2,6 points)
Variation des charges +12 % 📈 En forte hausse (pression RH)
Nombre moyen de salariés 5,1 ETP Stable
CA généré par salarié 421 000 € HT Indicateur de productivité d’équipe
Trésorerie nette 207 000 € 📉 En baisse (vs 241 K€)
Niveau de stock 45 jours d’achats 📈 En hausse (+4 jours)
Panier moyen client 44,60 € 📈 En progression (+5,10 €)
Exercice en association 35 % des titulaires 📈 En constante augmentation

 

1. Rémunération moyenne du pharmacien titulaire : 66 416 € par an

En 2024, la rémunération moyenne nette perçue par un pharmacien titulaire s’établit à 66 416 € par an. Néanmoins, ce chiffre masque des écarts significatifs selon le maillage géographique et le profil de l’officine :

  • Pharmacies en centre commercial : 72 910 € / an (grâce aux fort flux de fréquentation et aux volumes de parapharmacie).

  • Pharmacies en zone rurale : 66 496 € / an.

  • Pharmacies en zone urbaine : 64 213 € / an.

Attention aux petites structures : Pour les officines réalisant moins de 1 million d’euros de chiffre d’affaires, la rémunération moyenne nette du titulaire peut tomber sous la barre des 32 000 € par an, soit un niveau proche de celui d’un pharmacien adjoint à temps plein.

2. Taux de marge brute : un passage sous le seuil critique des 30 %

Le taux de marge brute moyen a subi un recul marqué, passant de 32,4 % à 29,8 % du CA HT. Ce tassement s’explique principalement par :

  1. L’envolée des médicaments chers (biothérapies, oncologie) : Ces produits gonflent le chiffre d’affaires tout en générant une marge relative très faible en raison du plafonnement des honoraires.

  2. La normalisation d’après-crise : La fin des actes exceptionnels (tests, actes vaccinaux de crise à forte marge) rétablit le profil de marge structurel.

3. Une hausse des charges d’exploitation de +12 %

Les charges courantes ont bondi de 12 %. Cette inflation est portée avant tout par la masse salariale, sous l’effet conjugué des revalorisations du point de coeficience de la grille des salaires et des pénuries de personnel imposable (recours à l’intérim, primes de rétention).

4. Effectif moyen : 5,1 salariés par officine

Une pharmacie emploie aujourd’hui en moyenne 5,1 salariés (pharmaciens adjoints, préparateurs, rayonistes). La gestion optimisée du temps de travail et la polyvalence des équipes sont devenues des leviers de gestion indispensables pour préserver l’Excédent Brut d’Exploitation (EBE).

5. Productivité RH : 421 000 € de CA par salarié

Le chiffre d’affaires moyen généré par salarié s’élève à 421 K€ HT.

  • Un ratio < 350 K€ : Peut indiquer un sur-effectif ou une organisation du travail à réévaluer.

  • Un ratio > 500 K€ : Traduit souvent une tension sur l’équipe RH risquant d’impacter le conseil client.

L’analyse de l’Expert Pharmathèque : Lors d’un audit préalable à l’achat d’une pharmacie, l’analyse du ratio CA/ETP permet d’évaluer immédiatement la marge de manœuvre sur la masse salariale post-acquisition.

6. Trésorerie en recul à 207 000 €

La trésorerie moyenne d’une officine s’est contractée pour atteindre 207 000 € (contre 241 000 € un an plus tôt). Ce resserrement s’explique par le remboursement des emprunts de restructuration/reprise et par la hausse du besoin en fonds de roulement (BFR).

7. Immobilisation des stocks : 45 jours d’achats

Le délai moyen de rotation des stocks a augmenté de 4 jours pour atteindre 45 jours d’achats. Face aux ruptures de stock fréquentes et aux tensions d’approvisionnement, de nombreux pharmaciens ont fait le choix de sur-stocker leurs produits stratégiques, ce qui pèse directement sur leur trésorerie disponible.

8. Progression du panier moyen client à 44,60 €

Le panier moyen s’établit désormais à 44,60 € (en hausse par rapport à 39,50 €). Cette dynamique est soutenue par l’inflation globale des prix et par le développement des nouvelles missions de santé (dépistages, prescriptions autorisées, entretiens pharmaceutiques).

9. Développement de l’association : 35 % des pharmaciens

Face à la hausse du montant des acquisitions et aux exigences d’apport des organismes bancaires, 35 % des titulaires exercent en association (SELAS, SELARL, SARL, SNC). Ce modèle favorise le regroupement de moyens et l’achat de structures de taille supérieure (CA > 3 M€).

10. Opportunités et perspectives sur le marché de la transaction

Le marché de la transaction d’officine s’adapte à ce nouveau contexte :

  • Les grandes officines de périphérie ou de centres commerciaux restent très prisées pour leur résilience.

  • Les pharmacies de taille intermédiaire doivent accélérer leur transformation (nouvelles missions de santé, optimisation des achats, regroupements).

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Chiffre d’affaires, marge et EBE : quelles différences ?

Ces trois indicateurs sont souvent confondus alors qu’ils correspondent à des réalités différentes.

Le chiffre d’affaires correspond aux ventes et prestations réalisées par l’officine.

La marge brute correspond à ce qu’il reste de l’activité après prise en compte du coût des marchandises vendues. Elle permet notamment de mesurer la capacité de l’officine à générer des ressources pour financer ses charges.

L’EBE, ou excédent brut d’exploitation, permet d’apprécier la performance économique de l’exploitation avant certains éléments financiers, fiscaux et comptables.

Pour analyser une pharmacie, il est donc beaucoup plus pertinent d’étudier l’ensemble de ces indicateurs que de se limiter au chiffre d’affaires.

Les chiffres de l’officine montrent un modèle économique en évolution

Les données 2024 de Fiducial montrent une situation contrastée : malgré une activité importante, les officines doivent faire face à une pression accrue sur leurs marges et leurs charges.

Cette évolution intervient alors que le réseau officinal connaît lui-même une transformation. Au 1er janvier 2025, l’Ordre national des pharmaciens recensait 20 242 officines en France, après la fermeture d’environ 260 officines dans l’Hexagone en 2024.

Dans le même temps, la démographie des pharmaciens reste dynamique : 75 080 pharmaciens étaient inscrits à l’Ordre au 1er janvier 2025, soit le niveau le plus élevé depuis dix ans.

Ces évolutions illustrent un paradoxe : le nombre de professionnels augmente tandis que le réseau d’officines continue de se contracter.