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Acheter une Pharmacie avec peu ou pas d’apport

1ère installation

L’apport personnel est souvent l’un des premiers sujets abordés lorsqu’un pharmacien souhaite acheter une officine. Mais disposer d’un apport inférieur aux attentes initiales des banques ne signifie pas nécessairement que le projet est impossible.

Le montant d’apport nécessaire dépend en réalité de nombreux paramètres : prix de l’officine, rentabilité, capacité d’autofinancement, niveau d’endettement, expérience du repreneur, potentiel de développement et qualité globale du projet.

En pratique, les banques peuvent généralement attendre un apport représentant une partie significative de l’investissement. Pharmathèque estime que l’apport peut notamment se situer autour de 15 à 25 % de l’investissement, selon les caractéristiques du dossier. Il ne s’agit toutefois pas d’une règle automatique : chaque acquisition fait l’objet d’une analyse spécifique.

Pourquoi l’apport personnel est-il important pour acheter une pharmacie ?

L’apport personnel permet au futur titulaire de démontrer son engagement financier dans le projet. Il rassure également les partenaires financiers sur sa capacité à mobiliser des ressources et à supporter une partie du risque lié à l’acquisition.

Mais l’apport ne doit pas être analysé uniquement en fonction du prix de vente de l’officine.

Le financement doit également intégrer les différents frais liés à l’acquisition : droits et frais d’actes, honoraires, éventuels travaux, besoin en fonds de roulement, stock et autres dépenses nécessaires au démarrage ou à la poursuite de l’activité.

L’objectif est donc de construire un plan de financement équilibré, capable de financer l’acquisition tout en conservant une trésorerie suffisante pour permettre à l’officine de fonctionner dans de bonnes conditions.

Quel apport faut-il pour acheter une pharmacie ?

Il n’existe pas de montant universel applicable à toutes les acquisitions.

Deux pharmaciens disposant du même apport peuvent avoir des capacités d’acquisition très différentes selon l’officine ciblée et leur situation personnelle.

La banque va notamment étudier :

  • le prix d’acquisition de l’officine ;
  • la rentabilité et la capacité d’autofinancement ;
  • le niveau d’endettement après l’acquisition ;
  • le profil et l’expérience du repreneur ;
  • le potentiel de développement de la pharmacie ;
  • la cohérence du projet professionnel ;
  • les garanties proposées ;
  • la capacité de l’officine à supporter les échéances du financement.

Il est donc préférable de ne pas raisonner uniquement en se demandant : « Ai-je 20 % d’apport ? »

La vraie question est plutôt : « Quel projet d’acquisition mon apport et la rentabilité de l’officine me permettent-ils de financer durablement ? »

Acheter une pharmacie avec peu d’apport : quelles solutions ?

Un apport personnel insuffisant peut parfois être complété par différents dispositifs.

Le prêt familial ou la donation

La famille peut, selon sa situation, participer au financement du projet par une donation ou un prêt.

Cette solution peut permettre de renforcer les fonds propres présentés à la banque. Elle doit toutefois être formalisée correctement et étudiée avec les conseils juridiques et fiscaux adaptés.

Le prêt vendeur

Dans certaines transactions, le vendeur peut accepter de financer une partie de l’acquisition sous la forme d’un prêt vendeur.

Ce mécanisme permet de compléter le financement bancaire et peut faciliter la réalisation d’une opération lorsque l’apport disponible est inférieur au niveau initialement souhaité.

Les modalités du prêt vendeur doivent naturellement être négociées et intégrées dans l’ensemble du plan de financement.

L’association avec un pharmacien investisseur

L’association peut également permettre de répartir l’effort financier entre plusieurs associés.

Elle ne doit cependant pas être considérée comme une simple solution permettant de réduire le montant de l’apport. Le choix de l’associé, la répartition du capital, les responsabilités de chacun et les conditions de sortie doivent être anticipés dès la construction du projet.

Les solutions de complément d’apport

Certains dispositifs proposés par des partenaires spécialisés peuvent permettre de compléter les fonds propres du repreneur.

Le principe consiste à apporter un financement complémentaire venant renforcer le montage financier et faciliter l’obtention du financement bancaire.

Ces solutions peuvent être particulièrement intéressantes pour les jeunes pharmaciens ou les primo-installants disposant d’un apport personnel limité.

Acheter sans apport : est-ce vraiment possible ?

Une acquisition sans aucun apport personnel reste généralement beaucoup plus difficile à financer.

Une banque cherche à vérifier que le repreneur est financièrement engagé dans son projet et que l’officine pourra supporter les remboursements du crédit sans mettre en danger son équilibre économique.

Pour autant, un apport personnel limité ne doit pas conduire à abandonner immédiatement un projet.

Un dossier bien construit peut associer plusieurs sources de financement : apport personnel, financement bancaire, prêt familial, prêt vendeur, investisseur ou dispositif de complément d’apport.

L’enjeu est de construire un montage cohérent dans lequel chaque source de financement trouve sa place.

L’importance de choisir la bonne pharmacie

Lorsque l’apport est limité, le choix de l’officine devient encore plus important.

Il est préférable de rechercher une pharmacie dont la rentabilité permet d’absorber les échéances d’emprunt tout en conservant une capacité d’investissement et une rémunération suffisante pour le titulaire.

Le prix d’achat ne doit donc jamais être étudié indépendamment des performances économiques de l’officine.

Une pharmacie moins chère mais peu rentable peut finalement être plus difficile à financer qu’une officine plus importante présentant une meilleure capacité d’autofinancement.

C’est pourquoi l’analyse du chiffre d’affaires, de la marge, de l’EBE, de la masse salariale, du potentiel commercial et de l’environnement de l’officine constitue une étape essentielle avant de formuler une offre.

Anticiper son financement avant de trouver son officine

L’une des meilleures stratégies consiste à travailler sur sa capacité de financement avant même de rechercher activement une pharmacie.

Cela permet de connaître son budget réel, d’identifier les différents montages envisageables et de cibler des officines cohérentes avec sa situation.

Le plan de financement doit notamment permettre de déterminer :

Apport disponible + financements complémentaires + capacité d’emprunt = budget global du projet

Cette préparation permet également de présenter un dossier plus solide aux banques et aux différents partenaires financiers.

Un apport limité n’empêche pas nécessairement de devenir titulaire

La question de l’apport est importante, mais elle ne doit pas être le seul critère permettant de juger de la faisabilité d’une installation.

L’expérience professionnelle du pharmacien, la qualité de l’officine, sa rentabilité, son potentiel de développement et la cohérence du montage financier jouent également un rôle déterminant.

Vous disposez d’un apport limité et souhaitez acheter une pharmacie ? Pharmathèque peut vous accompagner dans l’analyse du projet, la recherche d’une officine correspondant à votre capacité financière et la construction du montage nécessaire à son acquisition.